Malick Sidibé, Mali Twist

L’exposition Mali Twist consacrée au photographe malien Malick Sidibé réchauffe l’hiver !

Un an après sa mort survenue en 2016, la Fondation Cartier pour l’art contemporain a la bonne idée de lui rendre hommage, à travers une grande exposition rétrospective qui réunit, pour la première fois, 250 de ses photographies les plus exceptionnelles et emblématiques, accompagnées d’un très beau catalogue, l’ensemble conçu et dirigé par André Magnin en collaboration avec Brigitte Ollier.

Celui qui fut surnommé «l’œil de Bamako», fait ses premiers pas dans la photographie en 1955, auprès de Gérard Guillat, dit « Gégé la Pellicule ». En 1960, le pays est en pleine effervescence depuis son indépendance. Malick Sidibé est le photographe le plus demandé pour couvrir les soirées et surprises-parties où la jeunesse bamakoise découvre les danses venues d’Europe et de Cuba, s’habillent à la mode occidentale et rivalisent d’élégance. Malick aime la jeunesse et la jeunesse l’aime. Toute son œuvre vient de là. Il aime les soirées, les ambiances, la musique et la mode, les pattes d’eph et les chaussures plates-formes.. Ça swingue, avec les tubes qui passent et repassent sur Radio Mali, dont le fameux Mali Twist du chanteur-guitariste Boubacar Traoré dit «Kar Kar». C’est l’époque du twist, du rock’nroll et des clubs : Club des As, Club Saint- Germain-des-Prés, Beatles, Caïds, Happy Boys Club, Djentlemanes, Rivingstones, Zazous… Lorsque Malick arrive aux soirées, il se signale par un coup de  flash. «Malick est là !» La fête peut commencer. Le photographe porte alors un regard objectif et généreux sur les élégants, les séducteurs, les amoureux …

Pendant les vacances et les week-ends, ces soirées durent jusqu’à l’aube et se prolongent sur les rives du  fleuve Niger. La première partie de l’exposition nous immerge dans cette jeunesse belle et joyeuse. Au delà des images devenues iconiques, c’est la mémoire très précieuse d’une époque qui est conservée.

La suite de l’exposition nous fait découvrir le talent de portraitiste de Malick Sidibé exercé à partir de 1962, lorsqu’il ouvre le Studio Malick dans le quartier de Bagadadji, au cœur de Bamako. Jeunes vêtus à la dernière mode, trio sur une moto, enfants déguisés pour le carnaval, femmes d’une parfaite distinction, adolescents radieux, c’est toute la société de Bamako que l’on voit sur les portraits rassemblés pour l’exposition. J’aimais ce travail de composition, dit-il, il fallait arranger la personne, trouver le bon profil, donner une lumière sur le visage pour le modeler…je donnais des positions et des attitudes …. J’avais mes tactiques. Le résultat est formidable. Il n’était pas rare que les clients ne viennent pas acheter les tirages. De toute manière, Malick les exposait devant le studio et le plus important était d’être vu !

Avec son compatriote et ami, le magnifique photographe Seydou Keïta, il a été célébré partout dans le monde. En 2007, Malick recevait le Lion d’or à Venise pour l’ensemble de son œuvre et déclarait :  Je n’aurais jamais pu rêver une si belle histoire. 

L’exposition Mali Twist, nous en raconte les plus belles pages.

Malick Sidibé, Mali Twist Jusqu’au 25 février, A la Fondation Cartier pour l’art contemporain,  261boulevard Raspail à Paris